Autopsie

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Dissection d'une vie

Tous les changements ne perturbent pas Elowen, seulement ceux qui ne se passent pas exactement comme prévu. Cette année lui apprendra rapidement une leçon : les événements se passent rarement comme ils l’ont été décidés. Les différents camarades de classe ne la dérangent pas tant que ça, le reste étant identique à l’année précédente. C’est plutôt à la maison que tout prend une tournure inattendue.

Papa leur avait annoncé il y a bien longtemps, à Léonard et elle, qu’il entamait des travaux au grenier pour leur faire des chambres séparées. La petite s’était donc préparée, plutôt enjouée et impatiente d’avoir son petit coin rien qu’à elle. Les travaux ne concernaient pas que leurs futures chambres mais toute la maison, ainsi que le garage, le jardin et même le grand hangar du fond qui deviendrait bientôt une salle de fêtes.

Une fois le grenier séparé en deux pièces identiques si ce n’est leur opposition, celle de Léonard située sous le pan de toit donnant à l’ouest et celle d’Elowen à l’est, Maman devait se charger de tapisser avant que Papa ne termine l’électricité. Or, depuis peu, Jeanne commençait à se comporter étrangement. Toujours timorée comme l’adolescente contrôlée par sa mère, la jeune femme désormais adulte désirait s’affirmer davantage mais incapable de le faire directement, se mit à utiliser des méthodes pour le moins dérangeantes.

La mère et sa fille étaient allées chercher des tapisseries ensemble, réfléchissant longuement devant chaque association à la meilleure façon de décorer la chambre. Fascinée par la couleur bleue que son père lui avait appris ne pas réellement exister dans la nature et n’être qu’une illusion d’optique, ainsi que par les dauphins dont elle adorait faire des dessins dont certains avaient même été encadrés, le choix de l’enfant se porta rapidement sur un papier bleu ciel orné de dauphins. Maman insiste pour choisir également un papier de couleur unie pour y accrocher lesdits cadres et elles se mirent d’accord sur un bleu marine.

Après avoir discuté des couleurs, le duo avait aussi abordé le sujet de l’agencement. Maman proposait de faire le grand mur de façon unie, pensant y avoir le plus d’espace pour accrocher les dessins. Mais ayant déjà été commander des meubles, Elowen se rappelle que la grande majorité sera justement placée contre ce mur, le toit en pente empêchant une autre disposition. Elle argumente alors avec sa mère pour faire l’arrière du lit uni, et ainsi dormir sous ses dessins. Jeanne avait validé l’idée en souriant, semblant totalement d’accord avec sa fille. Et pourtant…

Elowen ne montait jamais au grenier pendant les travaux, n’ayant rien à y faire et risquant d’abîmer une chose ou l’autre. C’est pourquoi lorsque Jeanne l’invite à venir voir son travail terminé, c’est une surprise complète. Au vu du sourire de sa mère inhabituellement large découvrant ses longues dents jaunes, la petite fille monte les marches quatre à quatre, impatiente de voir le chef d’œuvre. Aussitôt arrivée, elle ne ressent qu’une seule émotion, qu’elle n’avait encore jamais ressentie en dehors de la présence de madame Gothel : la perplexité.

Les larmes commençant à couler sur ses joues, elle demande à sa mère pourquoi. Pourquoi avoir fait le grand mur en bleu, alors qu’il n’y aurait de place pour aucun cadre à cause des meubles ? Pourquoi ne pas lui avoir dit qu’elle le ferait de toute manière ?

  • J’ai changé d’avis, répond Jeanne sans se défaire de cet immense sourire malaisant.

Comme si cela ne suffisait pas, Léonard eut droit aux plus jolis meubles d’un bois clair bleuté alors que ceux d’Elowen étaient d’un bois simple, jaune-orangé comme la tapisserie de son frère. Et pour terminer, Papa qui prenait à cœur de privilégier son petit garçon dans tous les domaines possibles, finit par prendre la décision qui convainquit la petite fille que cette pièce ne serait jamais la sienne, qu’elle n’avait nulle part où aller dans cette maison. Dans chacune des chambres, deux ampoules éblouissantes pendent au plafond, mais les appliques ne se vendent que par trois.

Puisque Maman avait tapissé la chambre de sa fille en premier, obligeant son fils à patienter deux longues semaines, c’est ce dernier qui aurait droit aux deux appliques. Pour l’autre chambre, l’applique restante est mise au-dessus du bureau, laissant pendre l’ampoule qui surplombe la tête de lit. À partir de ce jour et pour tous les matins à venir, la petite fille se réveillera éblouie par une ampoule sortant d’un trou poussiéreux recouvrant régulièrement son oreiller de miettes de plafond. Jamais, jamais elle ne pourra se sentir chez elle, ni même la bienvenue quelque part dans cette maison.

Après la disparition de Nonno, Grand-Mère Lambda se mit tout de même à interagir avec cette petite fille que son aïeul aimait tant et bien que les démonstrations de tendresse ne soient pas son fort, une grande empathie l’envahit. Son fils, John, se comportait de façon plus horrible encore que son ex-mari, Grand-Père. Ce dernier n’avait pas eu de fille sur laquelle exprimer sa haine du genre féminin mais Papa, lui, ne s’en prive pas. Léonard avait ainsi pu profiter de la sortie de la PlayStation 2, ainsi que de celle de la Game Boy Color.

Après bien des jérémiades, Maman avait offert un jeu de ski à sa fille pour qu’elle puisse elle aussi profiter de la console de salon. Mais lassée de voir sa petite-fille assise à regarder Léonard profiter de ses jeux, Grand-Mère décide de l’emmener au magasin de jouets et de lui laisser carte blanche. Déjà éduquée à économiser ses vingt centimes d’argent de poche hebdomadaires, quand Elowen voit la Game Boy Advance SP Édition Tribal, elle sait non seulement que c’est ce qu’elle veut mais aussi, tout ce qu’elle demandera.

Enfin en possession d’un objet ludique interactif, la petite délaisse un peu les romans de la bibliothèque verte de Maman mais s’applique d’autant plus dans son activité artistique préférée, le dessin. Entre les chevaux et les Pokémon, Elowen ne manque jamais d’imagination pour recréer parfois fidèlement, parfois agrémentés d’éléments imaginaires, toutes ses bestioles favorites.

Grâce à ces nouvelles occupations, la fin de l’année scolaire se passe presque en douceur, malgré de nouveaux souvenirs déplaisants gravant dans son esprit les horreurs du harcèlement scolaire dès la maternelle. Pour son anniversaire de six ans, Maman lui proposa à nouveau de se faire des mèches colorées et pour contrarier les potentielles moqueries de madame Gothel, son choix se porta cette fois sur la couleur bleue. Comme le lui avait expliqué Papa, cette nuance n’existe pas réellement dans la nature, la couleur du ciel, de l’eau, des oiseaux et même des papillons n’étant que des illusions d’optique créées par les ondes lumineuses reflétées d’une manière particulière.

L’objectif de gruger sa professeure ne dura qu’une journée puisqu’après le premier shampoing, la teinture bleue sur la chevelure blonde de la petite fille tourna au vert. Cette fois, l’argument de la vieille femme fut de s’être traîné les cheveux dans l’herbe mais à son grand désarroi, aucun élève ne prit part aux moqueries et pour la première fois, aucun sourire ne s’afficha sur le visage ridé.

La tentative suivante de gaslighting de la part de l’institutrice débordait tant de ridicule qu’elle fut également la dernière. Lors d’un cours destiné à pratiquer leur don artistique, la voisine d’Elowen d’un an sa cadette abîma accidentellement un coin de sa feuille de dessin.

  • Oh non, j’ai cassé ma feuille ! S’écria-t-elle.
  • C’est déchiré, répondit machinalement la plus grande. Ça casse quand c’est dur, ajouta-t-elle en toquant sur le bureau, quand c’est mou on dit que c’est déchiré.

Elowen fit des vagues avec sa feuille de papier pour démontrer ses propos, mais la petite n’accepta pas ces arguments et appela madame Gothel d’un ton outré.

  • Madame, j’ai cassé ma feuille ! Et Elowen elle dit que c’est pas vrai, elle dit que c’est déchiré.
  • Bien sûr que c’est cassé, déchirer ça n’existe pas, répondit la professeure avec le plus grand sérieux du monde.

Elle tourna le dos aux enfants dans la seconde pour aller chercher une nouvelle feuille pour l’élève, empêchant ainsi Elowen de défendre ses arguments. Probablement consciente de s’être abaissée au niveau intellectuel de ses élèves par simple jalousie d’une enfant curieuse, plus jamais madame Gothel n’adressera la parole à la petite fille.

La dernière année de maternelle d’Elowen Lambda se conclut par un nouveau passage à la visite médicale, et une nouvelle demande aux parents de lui faire consulter un ORL. Le docteur Troy, négligeant totalement les effroyables conséquences sur la vie scolaire d’une enfant malentendante répondit exactement la même chose que la dernière fois :

  • Si elle en a vraiment besoin, elle le demandera elle-même.

Maman ressortit du cabinet avec sa fille convaincue que tout va bien, inconsciente que ce diagnostic censé être partagé avec le médecin de famille allait rester secret pendant presque quinze ans, provoquant une réaction en chaîne dévastatrice.

Totalement inconsciente d’avoir une déficience auditive ou d’avoir rencontré un ORL un jour, Elowen entre enfin en première primaire impatiente d’apprendre de nouvelles choses, ayant déjà totalement oublié ses mésaventures avec madame Gothel. Dans cette petite école de village ne comptant qu’une centaine d’élèves toute section comprise, les classes de primaires sont réunies par deux. Ainsi, les élèves de première et deuxième primaire partagent le même local, et la même institutrice.

Maman l’a beaucoup aidée à venir confiante en lui parlant longuement de l’adorable madame Mélina, l’institutrice qui avait été celle de Léonard les deux années précédentes. Comme de fait, la jeune femme hâlée aux cheveux aussi sombres que ses yeux marrons est d’une douceur épatante, enivrant la classe de son sourire à la fois apaisant et énergique.

La première heure du premier jour, madame Mélina distribue à ses nouveaux élèves une feuille avec quelques exercices simples pour évaluer le niveau de chacun. À la seconde où la professeure dépose la feuille sur le bureau d’Elowen, les yeux de la petite s’illuminent. Elle sort son tout nouveau stylo plume et après avoir lu toutes les questions, se met à remplir les cases, écrire sur les lignes à une vitesse frénétique. Comme lorsqu’elle joue une partie de Dame, comme lorsqu’elle essaie de deviner quels mots sont prononcés à l’aide de simples voyelles, son cerveau analyse, calcule, comprend, répond et revérifie chaque réponse presque instantanément, avant même que la plume ait touché le papier.

En l’espace de cinq petites minutes, tout est rempli. Avec la même fierté que lorsqu’elle joue un coup décontenançant son adversaire et l’obligeant à s’arrêter pour réfléchir, l’enfant se lève précipitamment pour être la première à rendre l’exercice. Madame Mélina semble perplexe l’espace d’un instant, avant de s’apercevoir que tout est correct. N’ayant d’autre idée pour faire passer le temps de sa nouvelle élève, une idée lui vient.

  • Tiens, je te redonne une feuille. Mais maintenant, tu dois changer de couleur à chaque mot que tu écris.

Elowen se rend parfaitement compte que c’est une tactique pour lui faire prendre son temps, et l’accepte avec bonheur. De toute manière, ce travail était bâclé sur le plan esthétique, alors c’est avec plaisir qu’elle recommence avec application, s’assurant même de suivre les couleurs de l’arc-en-ciel en écrivant, afin d’obtenir le résultat le plus parfait possible. Dès le lendemain, l’institutrice avait prévu du travail supplémentaire pour la petite, lui permettant de prendre son temps à apprendre plutôt qu’à colorier.

Certains s’imaginent qu’il s’agit là d’une punition, mais la bienveillance de madame Mélina est sincère, tout comme le plaisir d’Elowen à apprendre toujours plus, toujours plus vite. Quand sa professeure n’a plus rien à lui fournir, elle plonge dans les romans de la bibliothèque verte de Maman, appréciant particulièrement la série de L’étalon Noir. D’ailleurs, tout comme Léonard avait commencé le football lors de sa rentrée en primaire, Elowen avait commencé l’équitation en compagnie de Maman tous les samedis et sa passion pour les chevaux allait en grandissant.

Pour la première fois depuis l’ennuyeuse maternelle, la petite fille passait une année fabuleuse à l’école. Une institutrice merveilleusement passionnée pendant les cours, son grand frère chérit du plus profond de son âme pendant les récréations et, cerise sur le gâteau, de premiers amis. Les autres filles de la classe ne lui adressent que peu la parole, trop occupées à discuter de sujet que la petite trouve futiles. Mais avec les garçons, on s’amuse beaucoup plus, on joue à plein de jeux pendant la récréation et elle se trouve même une passion commune avec Julien, un élève de deuxième : les Pokémon.

S’il y a bien une chose qu’Elowen déteste, c’est de ne pas savoir quelque chose, surtout lorsque ça paraît évident pour les autres. La deuxième semaine de cours, deux professeurs inconnus vinrent chercher les élèves qui se séparèrent en deux files dès l’intitulé des cours donné. Envahie par la honte, la petite n’avait jamais entendu parler de morale ou de religion et elle fut placée par défaut dans la classe la plus grande, religion, en attendant qu’elle demande confirmation à ses parents.

  • Dis Papa, je suis en religion ou en morale ?
  • En morale ! Répondit-il outré que sa descendante ne soit pas au courant que les Lambda sont irrémédiablement athées et qu’il s’agit du contraire de la religion.

Étonnée que ses professeurs n’aient pas songé à la placer dans la même classe que son frère, Elowen voulu raconter l’histoire sur le ton de l’humour mais la réaction ne fut pas du tout celle espérée. Du léger choc, Papa passa à une colère maîtrisée. En religion ! Sa fille, en religion ! C’est un outrage aux Lambda, une tentative de manipuler son enfant pour la pousser à apprendre la religion, grogne-t-il, se retenant de crier. La petite avait déjà remarqué que Papa n’aime pas beaucoup de personnes sans raison, par exemple lorsqu’il travaille en Afrique et parle de ses collègues nègres. Ou encore depuis 2001, il dit du mal des arabes. Une fois de plus, il semblait haïr les personnes qui ne pensent pas comme lui mais sa fille, elle, se contentait de ne pas comprendre. Et tant qu’elle ne comprendrait pas, elle ne se choisira pas d’avis. Sans le savoir, en exprimant cette colère devant sa fille, il avait lui-même choisi son avis, dont elle n’apprendra le mot correspondant que de nombreuses années plus tard. Ce jour-là, Elowen devint agnostique.

Mais tout n’est pas rose parce que ça se passe bien à l’école, d’ailleurs plus grand-chose ne sera rose à l’avenir. L’ambiance à la maison empire, aussi bien entre Papa et Maman, qu’avec la différence de comportement de Papa à l’égard de ses deux enfants. Bien que la Game Boy la plus récente soit un cadeau de Grand-Mère pour sa petite-fille, Papa achète n’achète de cassettes que pour son fils, qui prend lentement possession de l’engin. L’aîné ne s’aperçoit nullement de l’injustice et n’éprouve aucune colère envers sa petite sœur, tout comme cette dernière partage sa console avec grand plaisir, heureuse de voir son frère s’intéresser aux Pokémon également.

Certains soirs, les deux enfants n’arrivent pas à dormir et se lèvent pour se réunir dans le couloir du rez-de-chaussée où résonnent les cris de leurs parents. Agenouillés derrière la porte discrètement entre-ouverte, ils écoutent. Elowen n’entend que quelques voyelles entrecoupées de sons indicibles pour son oreille, seul Léonard parvient à décoder les mots que s’échangent leurs parents.

Papa aime beaucoup la bière blonde, principalement la Jupiler. S’il accompagne son fils aux matchs de football le weekend, ce n’est pas tant pour l’encourager que pour profiter du bistrot et c’est comme ça que Léonard perd son parrain. C’était le meilleur ami de Papa depuis de longues années, il avait un fils à peine plus âgé que la fratrie considérait comme un cousin. Mais un weekend de match, la goutte d’eau fit déborder le vase.

Le parrain et sa femme avaient accompagné John et Jeanne à un match de Léonard puis en fin de soirée, tous étaient rentrés ensemble. Sauf John. Maman lui a laissé le pick-up de plusieurs tonnes pour rentrer seul, ce qu’il ne s’est pas privé de faire malgré un taux d’alcool largement supérieur à la quantité autorisée, et le résultat ne surprit personne. Le lendemain, le pick-up était bien garé dans l’allée mais John, lui, restait introuvable. L’urgence ne fut pas de le rechercher mais surtout, de déplacer l’immense véhicule partiellement garé sur le capot de la voiture familiale du parrain.

Après une journée à l’attendre, le parrain de Léonard finit par partir accompagné de sa femme et son fils, pour ne plus jamais revenir. Ce n’est que le surlendemain que Maman retrouva Papa, recroquevillé dans un minuscule débarras sous toit devant les chambres de ses enfants. Pendant deux jours, l’homme s’était caché par peur de la réaction de son ancien meilleur ami.

Ce n’était pas la seule anecdote née de la consommation de Papa, mais probablement la plus ubuesque. D’autres soirs, il se contentait de prendre sa fille en sac à patate sur l’épaule et de sauter dans tous les sens jusqu’à ce que la petite pleure de douleur à l’estomac. D’abord, elle demandait d’être reposée. Ensuite, elle hurlait son souhait d’être relâchée. Et finalement, face à l’absence de réaction du père, elle se mettait à pleurer pour alerter Maman qui venait rapidement mettre fin aux bêtises de son mari.

Dans cette routine coupée entre l’école satisfaisante et la maison bruyante, l’enfant fêta ses sept ans, puis finit la première primaire pour rentrer en seconde, pour finir par son huitième anniversaire avant que tout ne s’écroule. Cela faisait un moment que Maman dormait dans la chambre d’ami quand un jour, Elowen l’attendait dans la voiture quand elle sortit de la maison en larmes.

  • Maman, qu’est-ce qu’il se passe ?
  • Je t’expliquerai quand tu seras grande, répondit la mère en se mouchant bruyamment.

Elowen déteste quand des adultes lui répondent ça, parce qu’elle sait qu’ils auront oublié d’ici là. Elle ne fait pourtant pas la moindre remarque, convaincue qu’un jour, elle comprendra même si on ne lui explique rien. C’était le jour où Jeanne avait demandé le divorce et quelques mois plus tard, elle déménageait à quelques centaines de mètres de la maison familiale, à mi-chemin de la petite école de village.

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